Propriétaire d’une résidence secondaire : comment être le bienvenu ?

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Particulièrement attractif depuis quelques années, le marché des résidences secondaires est aujourd’hui confronté à un certain nombre de défis sociaux et environnementaux. Pression sur les prix dans les zones tendues et spéculation immobilière, surproduction, surfréquentation et préoccupations environnementales… Dans certaines régions, les résidences secondaires peuvent faire polémique, et des mesures commencent à être mises en place pour réguler et encadrer leur développement.

Alors comment être le bienvenu en tant que propriétaire de résidence secondaire ?

Différentes régions, différentes problématiques…

Le marché des résidences secondaires a toujours été dynamique et diversifié, avec une demande particulièrement soutenue dans certaines régions touristiques prisées. Et la récente crise sanitaire n’a fait qu’exacerber notre besoin d’évasion et de nature ! À la campagne, à la montagne ou au bord de la mer : nous sommes nombreux à rêver d’un lieu où prendre l’air et se ressourcer… Mais depuis quelques années, ce marché en pleine expansion soulève de nombreuses questions.

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Quel impact dans les zones touristiques et les zones tendues ?

Les résidences secondaires peuvent être la cible de nombreuses critiques dans les régions touristiques. Villes côtières et stations balnéaires, villages de campagne prisés ou stations de montagne… Victimes de leur succès, certaines communes voient en effet les résidences secondaires se multiplier sur leur territoire. Et si elles sont presque toutes occupées pendant les vacances, elles laissent de plus en plus de « volets fermés » le reste de l’année. La pression touristique peut aussi avoir des conséquences sur l’environnement, et la spéculation immobilière fait souvent monter les prix de ces maisons et appartements bien placés. Les habitants locaux peuvent alors avoir du mal à se loger…

On peut aussi retrouver ce type de problématique dans les « zones tendues ». Certaines communes souffrent en effet d’un marché immobilier résidentiel sous tension, avec un important déséquilibre entre l’offre et la demande de logements. Et les résidences secondaires sont souvent pointées du doigt ! En effet, elles sont généralement dédiées à de la location saisonnière, ce qui réduit nécessairement le nombre de biens disponibles à la location à l’année. Les communes de ces zones tendues peuvent alors décider de surtaxer les résidences secondaires, en majorant leur taxe d’habitation de 5 à 60 % ! Si son propriétaire s’en réserve la jouissance, une résidence secondaire est en effet soumise au paiement de la taxe d’habitation (même en cas de location meublée saisonnière).

Bon à savoir : pour être considérée comme située en zone tendue, une commune devait auparavant appartenir à une agglomération de plus de 50 000 habitants. Or, la liste de ces zones a récemment été étendue par décret : elle comprend aujourd’hui toutes les communes qui sont confrontées à des difficultés d’accès au logement (comme le village de Cassis, par exemple).

Et dans les zones à redynamiser ?

Un petit village isolé en Auvergne, une commune de moyenne montagne dans les Pyrénées, un village côtier peu connu en Bretagne… Certains territoires ruraux moins développés – et donc moins attractifs – peuvent au contraire voir d’un très bon œil l’arrivée de nouveaux propriétaires de résidences secondaires. Si la commune est située dans une zone de revitalisation rurale (ZRR) , une résidence secondaire louée en meublé de tourisme peut même être exonérée du paiement de la taxe d’habitation !

Lorsqu’ils investissent ou réhabilitent de vieux bâtiments, les propriétaires de résidences secondaires contribuent en effet à la valorisation et à la préservation du patrimoine de la commune. Et lorsqu’ils n’en profitent pas, ils peuvent aussi mettre leur maison ou leur appartement en location, et ainsi améliorer l’attractivité et le développement touristique du secteur. En plus d’animer la vie du village, l’implantation de résidences secondaires peut alors permettre à la commune de rouvrir certains commerces et de se développer économiquement. Au risque de subir un jour une trop forte concentration de résidences secondaires ? Un débat sans fin, finalement…

Pourquoi cette situation de tension dans certaines régions ?

Sans rentrer dans des discussions stériles et infinies, on ne peut ignorer les arguments pour et contre les résidences secondaires. Mais, comme souvent, les problématiques soulevées par les résidences secondaires ne sont pas dues à leur existence, mais plutôt à certains excès

Des arguments plus ou moins fondés…

Aujourd’hui, on leur reproche principalement d’exercer une trop forte pression sur le marché : elles sont à l’origine d’une hausse des prix de l’immobilier, et l’accession à la propriété devient plus difficile pour les résidents locaux. Autre argument : la désertification de certaines communes en dehors des saisons touristiques. En effet, les résidences secondaires sont souvent occupées pendant les périodes de vacances, et vides le reste du temps. Et cela peut avoir certaines conséquences sur les emplois et l’économie d’un village.

Pour d’autres, les résidences secondaires ont un véritable impact sur l’environnement (en montagne et dans les villages côtiers notamment). Elles sont responsables d’une dégradation des paysages, de la surconsommation des ressources naturelles, ou encore de la pollution des sols et des eaux… Certains avancent aussi que la présence de résidences secondaires a tendance à exercer une trop forte pression sur les infrastructures locales et les services publics (sur les routes ou dans les infrastructures de santé, notamment).

Mais ces arguments ont aussi leurs limites. En développant leur offre touristique et de nombreuses infrastructures dédiées, certaines communes ont en effet tout fait pour attirer les touristes et les propriétaires de résidences secondaires. Et elles ont parfois privilégié leur développement économique au détriment du respect de leurs résidents à l’année et de leur environnement ! Dans les régions les plus prisées, les habitants locaux ont également tiré profit de la flambée de l’immobilier. Devenus de véritables spéculateurs immobiliers, certains ont en effet vendu leur maison ou leur appartement à des prix parfois extravagants ! Difficile de pointer du doigt les seuls propriétaires de résidences secondaires, et de leur faire porter l’entière responsabilité de la situation.

… et des solutions parfois bancales

Face à ces difficultés, plusieurs communes ont décidé de réagir et de mettre en place de nouvelles règles pour encadrer le développement des résidences secondaires. Mesures de sensibilisation et de protection des zones fragiles, surtaxation des résidences secondaires dans les zones tendues, création de logements abordables réservés aux résidents permanents, régulation des locations saisonnières à l’aide de mesures de compensation

Parfois ambiguës, certaines de ces règles peuvent aussi sembler un peu hypocrites. En effet, est-il vraiment judicieux de la part des communes de taxer les propriétaires des résidences secondaires, alors qu’elles ont tout fait pour les attirer il y a quelques années ? Aujourd’hui, la location saisonnière répond à un véritable besoin : doit-on vraiment la limiter, voire l’interdire dans certaines communes ? Ne peut-on pas envisager d’autres mesures plus efficaces, comme par exemple le financement de logements abordables grâce à la taxe de séjour  ?

Dans certaines régions, la population locale et les propriétaires de résidences secondaires peuvent avoir du mal à se comprendre, et être en profond désaccord sur ces sujets. Et cela peut engendrer certaines hostilités ou de véritables conflits, parfois difficiles à régler… Alors en attendant que les pouvoirs publics mettent en place des solutions pérennes et adaptées, comment éviter ces tensions et bien vous intégrer dans la vie locale ?

Comment bien s’intégrer en tant que propriétaire d’une résidence principale ?

Pour profiter de votre résidence secondaire en toute sérénité et être toujours le bienvenu dans la commune, vous devez évidemment adopter une attitude respectueuse et adaptée. Et en plus de créer de bonnes relations avec les résidents à l’année, vous pouvez également réfléchir à plusieurs solutions pour limiter votre impact environnemental.

Adopter la bonne attitude, dès son arrivée

Pour bien s’intégrer en société, il suffit souvent de respecter les bonnes manières et quelques règles de savoir-vivre. Et cela s’applique aussi lorsque vous arrivez dans un nouveau village, surtout si vous êtes l’heureux propriétaire d’une résidence secondaire ! Il est en effet beaucoup plus facile de se faire accepter au départ en tant que simple « invité », plutôt que de se présenter comme un ambitieux conquérant des territoires…!

En plus d’adopter une attitude courtoise envers tous les habitants du village, faites preuve d’humilité, de respect et de politesse. Respectez la tranquillité des lieux, et assurez-vous également d’entretenir de bonnes relations avec vos voisins les plus proches. Présentez-vous de manière simple et expliquez-leur pourquoi vous avez décidé d’acheter une maison ou un appartement secondaire dans la région. Vanter les mérites et souligner les atouts d’un village ne peut que flatter ses habitants… Et pour créer un climat encore plus convivial et apaisé avec vos voisins, pensez aussi à leur proposer votre aide en cas de besoin.

Pour bien vous intégrer en tant que propriétaire d’une résidence principale, vous pouvez également vous impliquer dans la vie locale ! Si vous êtes sur place, participez aux évènements organisés par la commune (la fête du village ou un défi sportif, par exemple). Faites vos courses dans les commerces locaux, et engagez les artisans du village pour vos travaux de rénovation. L’objectif ? Faire de plus en plus partie du paysage, pour être petit à petit considéré comme un véritable local…

Limiter son impact environnemental

Réchauffement climatique, recul du trait de côte, dégradation des habitats de certaines espèces… Sujet de notre siècle, la protection de l’environnement préoccupe aujourd’hui de nombreuses communes du littoral et de la montagne. Dans ces zones sensibles, il est indispensable d’adopter un comportement adapté en tant que propriétaire d’une résidence secondaire. En plus de respecter la nature et les zones protégées au sein de votre commune, vous pouvez par exemple envisager la rénovation énergétique de votre maison ou de votre appartement !

Veillez enfin à entretenir votre résidence secondaire, afin qu’elle n’engendre aucune nuisance. Pensez par exemple à élaguer vos arbres et à couper vos haies régulièrement (surtout si elles débordent sur un trottoir passant). Respectez également toutes les règlementations en vigueur, notamment en matière d’urbanisme. N’envisagez aucuns travaux avant d’avoir consulté le PLU de votre commune, et demandé (et obtenu !) les autorisations nécessaires.

Pour être le bienvenu en tant que propriétaire d’une résidence secondaire, vous devez simplement avoir une véritable conscience sociale et environnementale. Comme pour être un bon citoyen, finalement.

A propos de l'autrice :

Image de Anna De Gouyon Matignon

Anna De Gouyon Matignon

Diplômée en droit et titulaire du CAPA, Anna réside à l'année dans une station balnéaire depuis plus de 10 ans. Elle est aussi propriétaire d'une résidence secondaire en pleine rénovation à la montagne. Elle nous fait donc profiter de ses compétences et de son vécu sur le sujet des résidences secondaires allié à ses talents de rédactrices web.

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